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https://www.youtube.com/watch?v=s60bNcVr4IE

 

et regardez gratuitement ce si émouvant et passionnant documentaire d'une heure qui, réalisé en 1962, nous permet de voir et entendre quelques grands contemporains de Proust qui l'ont suffisamment connu pour avoir tous quelque chose d'intéressant à en dire.

Pour certains d'entre-eux, la mort est imminente : Cocteau meurt en 1963, quelques heures après avoir appris le décès de son amie Edith Piaf, Daniel Halévy meurt en 1962, quelques semaines après le tournage de ce documentaire, le marquis de Lauris et le duc de Gramont meurent en 1963 ; il était donc grand temps de recueillir leurs témoignages ...

 Tous ces grands témoins sont interrogés par le journaliste littéraire Roger Stéphane (1919-1994) et il s'agit, dans leur ordre d'apparition à l'écran, de :


 FRANCOIS MAURIAC (1885 - 1970) 
Les Mauriac s'apparenteront aux Proust par le mariage de Claude 
(lui-même écrivain et fils de François) avec Marie-Claude Mante-Proust, fille de "Suzy" (Suzanne, fille de Robert Proust, frère cadet de Marcel) donc petite-fille de Robert et petite-nièce de Marcel. François Mauriac rencontrera Proust pour la première fois en 1918 dans le salon littéraire de Madame Daudet.  En mars 1921, il dînera chez Proust, au 44 rue Hamelin, et en gardera une étrange impression due à " l'obscurité de la chambre et à Proust lui-même, véritable masque de cire dont les cheveux seuls paraissaient vivants ". 


PHILIPPE SOUPAULT (1897 - 1990)
Le futur poète avait seize ans seulement, en août 1913, quand il rencontra 
Proust à la tombée du jour, sur la terrasse du Grand Hôtel de Cabourg : " Proust apparut, une ombrelle à la main et s'affala dans un fauteuil en rotin ".

Marcel connaissait déjà l'adolescent par l'intermédiaire de Mme Soupault qu'il avait rencontrée dans un cours de danse, rue de la Ville- l'Evêque. L'adolescent lui avoua avoir déjà commencé sa carrière d'écrivain, ignorant que Proust écrivait lui aussi ... A cet aveu, Proust sourit doucement.

Philippe Soupault est le frère de Robert Soupault, médecin et ami de Robert Proust (le frère de Marcel). Robert Soupault écrira un  livre intéressant intitulé "Marcel Proust du côté de la médecine" (Plon - 1967).


PAUL MORAND (1888 - 1976)
Paul Morand, écrivain prolifique, académicien, était l'ami de Cocteau et de 
Giraudoux. Il dira de "Du côté de chez Swann" : " C'est rudement plus fort que Flaubert ", ce qui aménera Proust à lui rendre visite au printemps 1915. Morand admirait Proust dont le génie lui semblait évident, et il le rencontrera régulièrement, seul ou avec sa femme la princesse Soutzo. Morand a notamment écrit des poèmes "Lampes à arc" (1919) et de nombreux romans parmi lesquels "Le flagellant de Séville" (1951) et "Hécate et ses chiens" (1954).


JEAN COCTEAU (1889 - 1963)
Romancier, poète, homme de théâtre et de cinéma, peintre et dessinateur, 
académicien, il rencontra Proust pour la première fois en 1910 chez Geneviève Straus. 

Comme Paul Morand, Cocteau admirait Proust et cette admiration était réciproque. Les dons artistiques de Cocteau étaient multiples et son oeuvre est immense. Dans son ouvrage "La difficulté d'être" (1947 - chapitre intitulé "De la mesure" ) il trace, en une centaine de lignes, un portrait saisissant de Proust comme peu d'écrivains ont su en brosser.Comme Proust, Cocteau fut lycéen à Condorcet. Elève médiocre et déjà ailleurs, il ne parvint pas à décrocher son bac ... 


DANIEL HALEVY (1872 - 1962) 
  Camarade de Proust au lycée Condorcet, fils de Ludovic Halévy et ami de 
Péguy, historien, biographe de Nietzsche (1909), et auteur d'essais sur les débuts de la Troisième République : "La fin des notables" (1936), "La République des ducs" (1937).


EMMANUEL BERL (1892 - 1976) 
Essayiste, critique , historien, journaliste, auteur de "Sylvia" (1952). 
Apparenté à Proust (comme Bergson). Au printemps 1915, après avoir lu 
"Sésame et les Lys" dans les tranchées, il adresse à Proust une lettre enthousiaste criblée d'éclats de shrapnell, ce qui touche beaucoup l'écrivain à qui Berl rendra visite cinq semaines de suite en 1917. Mais la relation finit très mal puisque Proust, tenant de l'irréductible solitude de l'être, envoie ses pantoufles à la tête de Berl qui ne pense pas comme lui ...  


JACQUES DE LACRETELLE (1888 - 1985)
Romancier, essayiste, journaliste, académicien, auteur de "Silbermann" 
(1922 - Prix Fémina), "La Bonifas" (1925). 


PRINCESSE SOUTZO (1879 - 1975)   
Femme de Paul Morand. C'est le 4 mars 1917 qu'elle rencontre Proust pour la 
première fois mais elle le "connaît" déjà par son mari qui lui en a souvent parlé. Pendant toute la première guerre elle habite au Ritz où elle se sent plus en sécurité et c'est là qu'elle recevra Proust qu'elle apprécie beaucoup, cette estime étant réciproque.


Madame SIMONE MAUROIS (1894 - 1968)
Seconde épouse de l'écrivain André Maurois (Emile Herzog), née de Caillavet, 
elle est la fille de Jeanne Pouquet (figurant avec Proust sur la célèbre photo prise au tennis Bineau, l'écrivain s'inspirant d'elle pour composer le personnage de "Gilberte" dans la Recherche) et de Gaston de Caillavet (auteur de pièces à succès écrites à quatre mains avec Robert de Flers) qui fut un des premiers modèles du "Saint-Loup" de la Recherche.

Proust fut l'ami du couple Caillavet (et de la mère de Jeanne, madame Arman de Caillavet, égérie et maîtresse d'Anatole France) puis fortement épris de Simone qui, après avoir divorcé du diplomate roumain Georges Stoïcesco, se maria avec André Maurois et devint ainsi la belle-mère de Michelle Maurois, née du premier mariage d'André Maurois (avec Jane-Wanda de Szymkiewicz), elle-même écrivain et auteur, entre autres, de trois ouvrages très intéressants et émouvants repris à la page "bibliographie" de ce blog (temporairement supprimée).


MARQUIS DE LAURIS (1876 - 1963)
Critique et romancier ("Ginette Châtenay"), ami de Gide.

DUC DE GRAMONT (1883 - 1963)
Proust correspondra avec sa soeur Elisabeth, duchesse de Clermont- Tonnerre.

CELESTE ALBARET  (1891 - 1984)  
Dame de compagnie et confidente de Proust.
Elle n'a pas 22 ans quand elle entre à son service en 1913 au 
102 bd. Haussmann et n'en a que 31 lorsqu'il meurt en 1922. Son mari Odilon était un des chauffeurs de Proust. Céleste avait pour l'écrivain une admiration sans borne et fit preuve, jusqu'à l'ultime seconde, d'un dévouement sans faille. Son témoignage poignant est sans doute le sommet de cet extraordinaire documentaire.

 

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