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Et d'abord sur Mme PROUST, mère de Marcel, née Jeanne WEIL

le 21 avril 1849, décédée le 26 septembre 1905 dans sa

cinquante-septième année, d'une crise d'urémie, fille de Nathé Weil,

commanditaire d'un cabinet d'agents de change, et d'Adèle Berncastel. 

 

           Jeanne PROUST 1

      Madame Jeanne Proust, dans son salon du 45 rue de Courcelles

    Cultivée, musicienne, admiratrice des auteurs "classiques" et de

     Mme de Sévigné dont elle connaissait beaucoup de lettres par coeur.

Ses connaissances de l'anglais lui permettront, à la demande

de son fils Marcel, de traduire littéralement certaines oeuvres

de John Ruskin. 

Elle a de bonnes notions d'allemand.

Seule femme avec trois hommes qui furent, chacun dans

leur spécialité, des géants, elle n'en a pas moins, malgré

un effacement naturel, tenu un rôle de premier

plan dans la famille. 

-o-o-O-o-o-

Adrien, père de Marcel, est né le 18 mars 1834 à Illiers, en Eure-et-Loir, et

décédé le 24 novembre 1903 à Paris dans sa soixante-dixième année

d'une attaque cérébrale. Il fut :

- professeur d'hygiène à la faculté de médecine de Paris

- membre puis secrétaire de l'Académie de médecine

- médecin de l'hôpital Lariboisière

- inspecteur général des services sanitaires

- médecin officiel de l'Opéra Comique

- décoré de la Légion d'honneur par l'impératrice Eugénie (fin août 1870)

pour ses travaux essentiels sur le cheminement du choléra

à travers l'Europe.

La santé publique était sa spécialité et son implication à la servir

sans faille ce qui lui valut la reconnaissance des pouvoirs

publics et des funérailles à la mesure des services

rendus à la nation.

Au Père-Lachaise, le professeur Maurice Debove, doyen de la faculté

de médecine, prononça un discours d'adieu dont George Painter cite

l'extrait suivant :

 "Il était assez épicurien pour jouir des choses sans prendre au tragique

les petites misères de la vie humaine, assez sceptique pour être

indulgent à ceux qui s'éloignent de ce que nous croyons être

le chemin de la vertu, assez stoïque pour envisager

la mort sans faiblesse." 

 

Le professeur Adrien Proust a écrit plusieurs dizaines d'ouvrages 

consacrés à l'étude du choléra ou à l'hygiène et participé

à plusieurs congrès internationaux sur ces sujets.

C'était un athée pragmatique, robuste, bon vivant, mondain,

aimant beaucoup les femmes, les honneurs et les voyages. 

 

                                  Adrien PROUST

Le professeur Adrien PROUST

 -o-o-O-o-o-


Robert, frère cadet de Marcel, est né le 24 mai 1873 à Paris et décédé dans

la même ville le 29 mai 1935 dans sa soixante-troisième année.

Interne des hôpitaux à 20 ans, il se spécialise dans la chirurgie sous la

tutelle de l'éminent professeur Guyon et en 1901 il est le premier à

pratiquer avec succès une prostatectomie suivant un mode opératoire

nouveau qui lui est entièrement dû et qui sera désormais adopté partout.

Avant lui toutes les prostatectomies entraînaient rapidement et

inéluctablement la mort des patients mais les chirurgiens la repratiquaient

néanmoins sans cesse avec l'espoir qu'enfin elle réussisse ...

Agrégé en 1904 avec une thèse sur "La chirurgie de l'appareil génital

féminin", chirurgie qu'il pratiquera aussi avec succès.

De 1904 à 1914 il est assistant du docteur Samuel Pozzi (titulaire de la

première chaire de gynécologie à la faculté de médecine) à l'hôpital

Broca où, en 1910, il réussit, bien sûr au sein d'une équipe, la première

opération à coeur ouvert.

Pendant la première guerre mondiale son comportement de chirurgien est

héroïque et révolutionnaire en ce sens qu'il décide d'opérer les blessés

graves directement sur le champ de bataille car presque tous mouraient

lors de leur évacuation vers l'arrière.

Il crée des ambulances de terrain (qui porteront son nom) et opère nuit et

jour sans discontinuer sauvant ainsi des centaines de vies.

Son bloc opératoire sera bombardé et, alors qu'il se déplace en camion,

il est victime d'un important traumatisme crânien.

Dès la fin de la guerre il associe ses efforts à ceux du radiologue

Lucien Mallet pour créer un service de cancérologie à l'hôpital Tenon,

dont un pavillon porte encore son nom.

Il fut rédacteur en chef des "Bulletins de la société anatomique de Paris"

et a écrit 250 articles et 27 livres.

Son rêve d'adolescent était de devenir mathématicien. Cette matière le

passionnait tant qu'à la fin de sa vie, épuisé par son travail médical, pour

s'en délasser il se faisait donner des cours de mathématiques à domicile ...

Robert PROUST

 Le professeur Robert PROUST, 

frère de Marcel. 

                                                                   -o-o-O-o-o-


Quant à Marcel, son oeuvre éclipse injustement celles

de son père et de son frère. 

Notre incompréhensible fascination pour la littérature (et les arts en

général) a relégué ces deux bienfaiteurs de l'Humanité au rang de

"père de" et de "frère de" et nous agissons de même avec nos

contemporains, adulant les artistes jusqu'à l'idolâtrie en

oubliant tout ce que nous devons à ceux qui consacrent leur

vie à soulager ou sauver la nôtre.

Si l'art est une thérapie il n'a jamais sauvé personne d'une  

occlusion intestinale.

Pierre HENRY
Janvier 2010

 

 

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